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Repas familial.. © Inra, MAITRE Christophe

Les pratiques alimentaires et leurs évolutions

Prix Benjamin Delessert 2015

Sylvie Issanchou, Directrice de recherche à l’Inra de Dijon, travaille sur le développement et la dynamique des préférences et du comportement alimentaires. Elle est la lauréate 2015 du prix Benjamin Delessert.

Mis à jour le 11/09/2015
Publié le 06/05/2015
Mots-clés :

Diplômée en 1979 de l’ENSBANA (Ecole Nationale Supérieure Biologie Appliquée à la Nutrition et à l’Alimentation, devenue AgroSup Dijon) à Dijon, Sylvie Issanchou a effectué sa thèse au sein du Laboratoire de recherche sur les arômes (Inra de Dijon). Directrice de recherche Inra depuis 1998, elle est responsable depuis plusieurs années de l’équipe « Développement et dynamique des préférences et du comportement alimentaires » au sein de l’UMR CSGA ou « Centre des sciences du goût et de l’alimentation » (UMR CNRS/Inra/uB). C’est sous son impulsion et grâce à sa rencontre avec le Docteur Vincent Boggio, pédiatre au CHU de Dijon, que son équipe travaille depuis maintenant 15 ans sur la formation du goût et la construction des préférences alimentaires chez l’enfant.

Elle a d’abord dirigé les travaux de thèse de Sophie Nicklaus qui ont montré que les préférences et la variété du répertoire alimentaire observées chez des enfants entre l’âge de 2 et 3 ans étaient significativement associés aux préférences et à la variété du répertoire à un âge ultérieur (jusqu’au début de l’âge adulte). Une forte variabilité interindividuelle étant déjà présente à l’âge de 2 ans, Sylvie Issanchou a suggéré la mise en place d’une cohorte d’enfants afin d’étudier les facteurs précoces de la formation des préférences alimentaires. Plus de 300 couples mères-enfants ont été recrutés dans cette cohorte OPALINE (Observatoire des Préférences ALImentaires du Nourrisson et de l’Enfant) grâce à l’aide de professionnels de santé et de la petite enfance ( http://www.opaline-dijon.fr/site_fr/cohorte.html ). Les participants ont été suivis depuis le dernier trimestre de la grossesse jusqu’aux 2 ans de l’enfant grâce à l’implication de nombreuses personnes, en particulier Christine Lange, Caroline Laval, Betty Leman et Pascal Schlich de la plate-forme ChemoSens.

La thèse d’Andrea Maier, co-encadrée avec Benoist Schaal (CNRS, CSG), a permis de montrer que la variété de légumes offerts d’un jour à l’autre dès les premiers jours de diversification favorisait l’acceptation d’aliments nouveaux à court et même à long terme. Il a également été montré que lorsqu’un nourrisson ne semble pas aimer un aliment nouveau, sa mère arrête généralement de lui en donner au bout de 3 fois alors qu’après 8 présentations de cet aliment, il est autant consommé et apprécié qu’un aliment initialement accepté.

Dans le cadre d’Opaline, les travaux de thèse de Camille Schwartz (co-encadrée avec S. Nicklaus) et de Sandra Wagner (co-encadrée avec Sandrine Monnery-Patris) ont respectivement porté sur les préférences gustatives et olfactives. Ces travaux ont permis de décrire la dynamique de ces préférences gustatives et olfactives et de montrer l’influence des expositions précoces sur les réponses gustatives ou olfactives au début de la diversification alimentaire.

Sofia Bouhlal (thèse co-encadrée avec S. Nicklaus) s’est intéressée à l’impact de la teneur en sel, en sucre et en matière grasse sur l’acceptation des aliments par les enfants. Ce travail a montré en particulier que la teneur en sucre des produits laitiers du commerce pouvait certainement être réduite sans entraîner de réduction de la prise alimentaire des enfants.

Dans le cadre du programme européen HabEat (2010-2014), coordonné par elle, Eloïse Remy (thèse co-encadrée avec S. Nicklaus) a montré que l’exposition répétée était une stratégie efficace pour qu’un nourrisson apprenne à apprécier un légume nouveau.

On doit mentionner son engagement ainsi que l’impact sociétal de ses études, à l’exemple du programme HabEat qui a donné lieu à des recommandations pour mieux faire apprécier les légumes aux enfants. http://www.habeat.eu/page.php?a=parents-french

Ses efforts pour construire ce domaine de recherche novateur jusqu’à un niveau d’excellence unanimement reconnu est récompensé par l’attribution en 2015 du prix Benjamin Delessert, qui lui sera remis le vendredi 30 janvier 2015. A cette occasion, elle fera une conférence intitulée Formation et Evolution des Préférences Alimentaires des Enfants.

 

Le prix : http://www.institut-benjamin-delessert.net/fr/

Une vidéo : http://www.dijon.inra.fr/Outils-et-Ressources/Multimedia/Faire-aimer-les-fruits-et-legumes-a-ses-enfants/%28key%29/10