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Repas familial.. © Inra, MAITRE Christophe

Les pratiques alimentaires et leurs évolutions

L'acquisition des préférences alimentaires chez l'enfant

Il est bien connu que dans de nombreux pays européens le régime alimentaire des jeunes enfants est loin d’être conforme aux recommandations. Or, nous avons montré que les préférences et la variété du répertoire alimentaires sont en partie formées dès l’enfance, il est donc important de comprendre les facteurs qui sont associés au développement précoce des préférences et habitudes alimentaires. Sylvie Issanchou est directrice de recherche à l'INRA. Elle travaille au sein du Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation à Dijon.

Mis à jour le 22/09/2017
Publié le 17/03/2015
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Pour répondre à cet enjeu, différents projets basés sur des approches complémentaires sont conduits à l’INRA. Ainsi, nous avons mis en place sur Dijon une cohorte d’environ 300 dyades mères-enfants dans le but de comprendre le développement des préférences de l’enfant avant 2 ans et, dans le cadre d’un projet européen, nous avons conduit des expérimentations pour comparer différentes stratégies pouvant permettre à un enfant d’apprendre à accepter un nouveau légume. Pour conduire ces travaux, différents outils ont été mis en place tels que des questionnaires permettant de recueillir des informations sur les pratiques des mères concernant l’alimentation de leurs enfants, sur l’attractivité des enfants pour des aliments sucrés ou gras, et aussi des tests sensoriels permettant d’évaluer les comportements de nourrissons et très jeunes enfants vis-à-vis de différentes saveurs ou vis-à-vis de différentes odeurs.

Grâce à une enquête nous avons vu que la plupart des mères renoncent à proposer un aliment plus de trois fois à leur nourrisson si celui-ci manifeste un refus. Or nos travaux ont révélé l’efficacité de la stratégie d’exposition répétée pour augmenter la consommation d’un aliment initialement refusé par un nourrisson ou pour augmenter la consommation d’un aliment peu familier chez des nourrissons comme chez des enfants de 2-3 ans.

Les résultats obtenus dans le cadre d’Opaline et de nos travaux expérimentaux ont montré qu’au début de la diversification alimentaire, les aliments sont bien acceptés par une grande majorité d’enfants. Dans le cadre d’Opaline, nous avons pu tester le poids de différents paramètres sur le développement de l’appréciation des légumes jusqu’à l’âge de 2 ans. Cette modélisation des données a permis de confirmer l’impact positif de la variété de légumes offerts en période de diversification. Cette analyse a également montré qu’à un an plus les enfants réagissaient négativement à l’amertume et à certaines odeurs moins ils appréciaient les légumes entre 12 et 15 mois, et que plus les enfants consommaient fréquemment des légumes entre 15 et 21 mois, plus ils appréciaient alors les légumes. Enfin, l’impact de certaines pratiques parentales a été mis en évidence.

Par ailleurs, nous avons observé dans le cadre du projet SweetLip-Kid, financé par le métaprogramme Did’it, que les enfants préfèrent des niveaux de sel et de sucre plus élevés que les adultes. Néanmoins, des niveaux de sel ou de sucre faibles semblent suffisants pour permettre une consommation adéquate.

En conclusion, les travaux que nous conduisons répondent à un des enjeux du métaprogramme Did’it qui est de caractériser les comportements et pratiques alimentaires ainsi que de décrire les mécanismes de formation des comportements. De plus, ces données mettent en évidence des leviers pour favoriser l’acquisition d’un régime alimentaire plus en adéquation avec les recommandations actuelles.