• Réduire le texte

    Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte

    Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte

    Augmenter le texte
  • Imprimer

    Imprimer
Le Conseil indien de la recherche agricole (ICAR) et l’Inra, soutenu par le Centre indo-français pour la promotion de la Recherche Avancée (CEFIPRA), ont ouvert le 9 mars leur séminaire (9 - 11 mars 2015) sur la coopération scientifique en collaboration dans le domaine de la recherche agricole au Centre national des sciences agricoles de New Delhi.. © © INRA, INRA

Comptes rendus d'évènements

Symposium 2016 : quelles pistes pour une alimentation durable

Comme les années précédentes, l’INRA propose de découvrir les programmes de recherche qui illustrent les préoccupations autour des questions de durabilité des systèmes alimentaires. Trois points seront abordés. Le premier présente des scénarios d’évolution de l’usage des terres agricoles à l’horizon 2050 sous la pression de l’évolution des systèmes alimentaires de la région Afrique du Nord – Moyen-Orient qui se caractérise par un taux élevé et croissant de dépendance aux importations de son système agricole et alimentaire. Le second porte sur l’impact réel des étiquetages nutritionnels sur les comportements des consommateurs. Les apports de la psychologie montrent que certains étiquetages favorisent des décisions plus réfléchies tandis que d’autres favorisent des décisions plus automatiques.  Enfin le dernier présente des exemples de démarches mises en œuvre pour limiter l’impact des procédés de transformation des matières premières sur l’environnement.

Mis à jour le 22/09/2017
Publié le 22/09/2017
Mots-clés :

Impacts de l’évolution des régimes alimentaires sur le taux de dépendance aux importations agricoles de la région Afrique du Nord – Moyen-Orient.

Bertrand Schmitt (INRA, DEPE, Paris) et Chantal Le Mouël (INRA, UMR SMART, Rennes)

Au-delà des tensions et conflits géopolitiques qui la traversent et de ses contraintes climatiques, la région Afrique du Nord – Moyen-Orient se caractérise par un taux élevé et croissant de dépendance aux importations de son système agricole et alimentaire. Celui-ci est dû à une croissance de la demande alimentaire (combinant effets de sa dynamique démographique et des évolutions des régimes alimentaires) nettement plus rapide que la croissance de sa production agricole. En mobilisant une modélisation simple, basée sur des équilibres emplois-ressources de biomasse exprimés en kilocalories, on a procédé à la simulation de plusieurs scénarios d’évolution de ce système alimentaire régional à l’horizon 2050. Il en ressort que, selon une projection tendancielle des évolutions passées, le taux de dépendance aux importations agricoles de la région s’aggraverait, passant d’environ 40 % aujourd’hui à près de 50 % à l’horizon 2050. La situation serait particulièrement dégradée au Maghreb, au Moyen-Orient et au Proche-Orient dont les taux de dépendance pourraient atteindre des niveaux de dépendance s’étageant entre 65 % et 70 % de leurs besoins alimentaires. A l’inverse, la Turquie pourrait, du fait du dynamisme de son agriculture et de ses potentialités naturelles, devenir un exportateur net de produits agricoles. Deux scénarios alternatifs sont ensuite examinés : l’un accentuerait la tendance à l’occidentalisation des régimes de la région (accompagnant un rattrapage des apports nutritionnels au Moyen-Orient) ; l’autre, à l’inverse, tendrait vers une reconfiguration des régimes sur le modèle du régime méditerranéen. Si, comme on pouvait s’y attendre, le scénario d’occidentalisation des régimes renforce encore la dépendance, le passage à des régimes méditerranéens ne l’améliore que modérément du fait notamment de l’importance de la croissance démographique attendue et des effets possibles du changement climatique sur les potentialités agricoles de la région. Pour réduire la vulnérabilité de la région, les politiques nutritionnelles régionales qui permettraient d’orienter les régimes alimentaires régionaux vers un allégement de la charge devraient être assorties, d’une part, de politiques agricoles volontaristes et, d’autre part, de politiques commerciales actives autant entre pays de la région qu’avec des pays-tiers. 

Impact des étiquetages nutritionnels - Utilisation de l’économie comportementale et expérimentale pour mieux comprendre et infléchir les comportements de consommation 

Laurent Muller (INRA, UMR GAEL, Grenoble)

L’étiquetage nutritionnel en face avant des emballages est considéré sur le plan national (ANSES) et international (OMS) comme un instrument incontournable pour infléchir les comportements d’achat et dès lors contribuer à prévenir l’obésité. De nombreuses variantes de systèmes d’étiquetage ont été créées à la suite d’initiatives privées ou publiques. Face à cette diversité, les pouvoirs publics cherchent à imposer un système unique et normalisé. Cette volonté d’harmonisation pose la question du choix du format à retenir. Par exemple, certains étiquetages informent de manière positive sur le contenu nutritionnel alors que d’autres formulent un avis normatif (par l’utilisation de code couleur) sur la qualité globale des aliments. Leur efficacité relative est intensément débattue en Europe, aux Etats-Unis et au Canada et les publications scientifiques se multiplient. Alors que ces dernières sont précieuses pour évaluer la perception, la compréhension et la préférence des consommateurs envers les différents formats, peu d’études mesurent leurs impacts réels (i.e.non déclarés) sur les comportements. Nous proposons ici différentes expériences  pour, d’une part, comparer la propension relative des différents étiquetages à guider les consommateurs vers des produits/régimes sains et, d’autre part, simuler les achats alimentaires. Afin de mieux comprendre les comportements différenciés par étiquetage, nous utilisons les apports de la psychologie : certains étiquetages favorisent des décisions plus réfléchies alors que d’autres favorisent des décisions plus automatiques.

Eco-conception de procédés agro-alimentaires : exemple de l’industrie laitière

Geneviève Gesan-Guiziou (INRA, UMR STLO, Rennes)  

Les procédés de transformation des matières premières doivent aujourd’hui être revus en intégrant les enjeux du développement durable, en particulier la limitation des impacts sur l’environnement et la limitation des pertes et gaspillages. Les démarches mises en œuvre sont nombreuses et quelques-unes seront ici illustrées dans le contexte de l’industrie laitière. Certaines considèrent une vision sur l’ensemble du cycle de vie des produits (extraction des matières premières, taux de prélèvement de ressources renouvelables, production, distribution, utilisation et fin de vie) pour éviter les transferts d’impacts. D’autres envisagent la formulation du problème de conception comme un problème d’optimisation permettant la prise en compte simultanée d’objectifs contradictoires (minimisation d’objectifs environnementaux et du coût avec une maximisation du profit).